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Un oiseau non sevré ?.. FBI !

Attention, c'est vraiment une Fausse Bonne Idée !

 Mais regardons d'un peu plus près pourquoi et essayons de "démonter" les arguments les plus courants.

 Déjà, quelles sont les options qui s'offrent à vous de la part de l'éleveur ? EAM, EPP, MAN : retrouvez les traductions dans cet autre article.

Être élevé par un humain quand on est un oisillon, on imagine déjà un des premiers risques, non nul il faut le reconnaître : c'est que l'oiseau ne puisse pas apprendre les codes de son espèce, sa communication, ses comportements et développe par la suite des troubles du comportement.

Vous l'aurez compris : le 1er et sûrement le plus important, c'est le développement de l'oiseau.

Le 1er argument contre le fait que vous assumiez seul le sevrage de votre oiseau, c'est... que vous n'avez pas forcément d'autres oiseaux avec qui le mettre en contact pour qu'il apprenne d'eux ce qui se doit et ne développe pas par la suite de graves troubles du comportement.

(Il en va de même pour les chiens : les chiots sevrés trop tôt sont, on le sait, des chiens à problème à l'âge adulte et c'est pourquoi on s'assure autant que possible de les faire évoluer dans une famille où il y a au moins un chien adulte équilibré)

"Mais l'éleveur aussi, il a bien dû se faire la main, au début ! "

Oui et non... Certes, l'éleveur a dû se faire la main au départ, mais il y a fort à parier qu'il s'est renseigné, qu'il a pris l'expérience autour de lui... Et qu'il a eu des déboires et des pertes !

Vous êtes donc prêt à faire de ce bébé que vous venez d'acheter votre cobaye ? De risquer de mal vous y prendre ? De le mettre en danger... Voire de provoquer sa mort ?

"L'éleveur me conseille !"

A ce titre là, le terme "éleveur" me gène parce que j'y vois plus un "vendeur de viande"... Le passionné s'assurera que ses oiseaux se développent dans de bonnes conditions physiques et psychologiques. Si ce n'est l'aspect financier, je ne comprends pas quel intérêt l'éleveur a à céder un oiseau non sevré en connaissant les risques qu'il lui fait encourir...
Les conseilleurs ne sont pas les payeurs : vous allez bel et bien vous retrouver seul face à cet oisillon ! Comment allez-vous être certain de lui apporter physiquement ce dont il a besoin et psychologiquement ? Comment allez-vous juger (parce qu'il s'agit bien de jugement, d'estimation, d'obervation et non de règle universelle "tant de grammes toutes les x heures") ?

"Que ce soit lui ou moi, une main reste une main !"

Oui et non : l'oiseau a déjà subit un premier choc dont on ne peut mesurer la portée quand il a été enlevé du nid... Vous allez lui faire subir un second choc par une deuxième transition violente à un moment où il surtout besoin de sérénité. Il va se retrouver seul alors qu'il a besoin de contact. Et je ne reviens pas sur les risques du nourrissage à la main.

"Je suis passionné ! Et j'ai d'autres oiseaux.. Je m'y connais et je sais qu'ainsi, l'oiseau sera plus proche de moi !"

Ah ! On y est ! :) Vous êtes donc en fait un éternel pressé !... Saviez-vous que, si l'éleveur a bien fait son travail, il vous sera très facile de construire une relation et de gagner la confiance de votre oiseau ?

Au contraire même, vous participerez au processus naturel de distanciation naturel et nécessaire d'avec le "nourrisseur" et vous allez pouvoir devenir un compagnon de vie pour votre oiseau ! Le lien qui unit l'oiseau à son nourrisseur est friable, temporaire. Vient le temps ensuite de s'émanciper, de trouver son/sa compagne, de perpétuer l'espèce, etc (et on en revient alors au sujet de l'oiseau-unique mais c'est un autre sujet !)

Evidemment, construire une relation demande du temps, de l'investissement, c'est du donnant/donnant. Mais puis-je vous rappeler que vous avez minimum 15 ans à passer avec votre oiseau ? Pour certains 50 ou même 80 ans ?

Aller ! Ne me dites pas que quelques semaines pour développer la confiance sont si longues que ça !

Une relation se construit et évolue dans le temps.

Alors oui, biberonner un bébé, c'est "meugnon"... Mais ce n'est pas ainsi que vous en frez un animal plus proche de vous, oubliez cette légende urbaine (Est-ce que nos ados sont systématiquement proche de nous parce que nous les avons nourri ?)

Arrêtez la fausse analyse anthropomorphique.

Vous avez envie de pouponner ?.. Mais vous pourrez le faire avec un oiseau correctement sevré et au contraire ! Comme ce sera un partenaire équilibré et bien dans ses plumes, vous allez pouvoir aller plus loin dans la relation et la complicité. Remplacez juste la seringue nourrissière par une bonne graine et JOUEZ ! Passez du temps avec votre oiseau, avec patience et apprenez lui des choses : vous allez ainsi devenir un partenaire particulièrement intéressant et vous l'aurez, votre relation complice !

... Mais laissez les éleveur faire leur métier et vous permettre d'avoir cet oiseau équilibré avec qui partager votre vie.

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